Au sein de cet axe s’inscrivent des projets de recherche visant l’étude des spécificités de la littérature française, francophone, ou étrangère. Par quels moyens les œuvres disent-elles le réel ? Comment les registres, les genres et les formes s’articulent-ils avec la représentation du monde dont ils sont le vecteur ? Comment se construisent et se pensent les statuts de l’auteur, du personnage, du lecteur et du livre ? Ces questions sont abordées dans une dimension historique, de l’Antiquité à l’époque contemporaine.

Description générale

Responsables : Etienne Boillet, Camille Esmein-Sarrazin et Émilie Pézard

L’axe « Histoire et poétique des formes littéraires » s’inscrit dans la continuité des travaux de l’ancienne équipe « Histoire et poétique des genres », dont les quatre précédents programmes s’étaient attachés successivement à la transgénéricité, au genre de l’essai, à l’expérience des genres dans la lecture et à la poétique de l’émerveillement.

Situé à l’articulation de la théorie et de l’histoire littéraire, cet axe entend proposer une approche du geste littéraire selon une triple perspective :

  • Perspective diachronique : l’approche historique relève d’une histoire littéraire pensée comme étude des invariants transhistoriques de la littérature, mais aussi comme mise en perspective attentive aux variations, mutations, évolutions du fait littéraire et capable d’historiciser les formes d’expression littéraire dans toute leur variété.
  • Perspective théorique : la réflexion théorique porte sur les diverses poétiques, diachroniques et diatopiques, des genres à l’œuvre dans les littératures française, francophones et étrangères. Sans exclure le dialogue avec les autres arts ni les interactions avec la réalité sociale et politique, l’axe vise à étudier la littérature en tant qu’activité esthétique spécifique, dont la signification est indissociable des modalités formelles. Les formes littéraires y sont étudiées tant du point de vue des pratiques d’écriture qui les instituent que du côté de la réception, à travers l’étude des effets qu’elles suscitent. Les recherches peuvent porter sur tous les aspects formels de la littérature, notamment sur les genres et la généricité, conçue comme dynamique d’écriture et de lecture.
  • Perspective littéraire : l’histoire et la poétique portent sur la littérature dans son acception la plus globale (écrite/orale, fictionnelle/non-fictionnelle) et dans ses circulations historiques, herméneutiques, linguistiques et géographiques. L’histoire et la poétique des formes littéraires entend donc, en lien constant avec les formations littéraires de l’UFR Lettres et Langues, ainsi qu’avec les autres structures de formation et de recherche, poursuivre la réflexion sur la nature et le statut mêmes de la littérature.

Est rattaché à l’axe le groupe de travail sur les Cabinets de curiosités en Europe, de la Renaissance au xviiie siècle (http://curiositas.org), qui bénéficie du soutien d’un Contrat de Plan État-Région (CPER).

Programme scientifique 2026-2030 : La fin du texte : comment l’œuvre s’achève.

Nous nous proposons d’étudier la fin de l’œuvre – quel que soit son genre (poème, récit, recueil, pièce de théâtre, essai) –, c’est-à-dire le passage qui la clôt, et qui peut prendre plusieurs dimensions : dernier vers ou dernière strophe, dernière page, dernier chapitre, dernière phrase. Du côté de l’écriture, sans oublier que la fin dépend d’une économie générale du texte, on pourra notamment discuter les signaux de la « clausule », définie par Guy Larroux (Le Mot de la fin) comme ce qui met en place la « clôture », la fin du texte selon une définition spatiale, en dégageant des motifs récurrents, des topiques spécifiques à certaines formes ou à certains contextes. Du côté de la lecture, on rapportera la fin aux attentes du public (que ce dernier soit surpris, satisfait ou encore déçu). En ce qui concerne la préservation de l’effet de surprise, on s’interrogera sur la fortune de termes comme les verbes « spoiler » ou « divulgâcher ».

La question de la fin de l’œuvre pourra ainsi être envisagée par rapport aux caractéristiques du genre auquel elle se rattache, et en fonction d’une poétique éditoriale échappant au seul pouvoir de l’auteur. Notre réflexion collective portera également sur les fins mouvantes, au gré des adaptations modifiant l’œuvre originale ou des continuations.

Objectifs

La variété des périodes étudiées par les membres de l’équipe B du FoReLLIS – de l’Antiquité à l’époque contemporaine – permet d’adopter une approche historique des conventions, notamment génériques, qui déterminent les dénouements ou autres « clôtures » et qui définissent un horizon d’attente ; elle permet également une étude, sur le temps long, de l’évolution dans la réception des fins des œuvres. Ainsi, la fin du texte sera analysée dans une perspective historique et poétique, afin d’étudier les effets esthétiques qu’elle fait naître ou le discours moral (ou politique, philosophique…) qui s’y rattache, les relations de l’œuvre avec les autres écrits de l’auteur, ou encore les rapports avec les courants ou le genre dans lequel elle s’inscrit, ainsi qu’avec le contexte historique et social de la production des écrits et de leur réception.

Notre réflexion collective, rythmée par un séminaire d’équipe régulier, donnera lieu à l’organisation d’événements scientifiques (colloques, journées d’études) et à des publications. Différents partenariats locaux ou régionaux sont envisagés, avec des instances académiques (CESCM), des institutions et acteurs locaux et régionaux de la science et de la culture (Espace Mendès-France, Musées de Poitiers et de Nouvelle-Aquitaine).

Image d’illustration: « Nature morte avec livres dans une niche » Barthelemy d’Eyck 1422-1445

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