Composition du jury : Aurélie Barjonet (rapporteuse), Françoise Lavocat (rapporteuse), Charlotte Krauss (directrice), Dominique Hérody (co-directeur), Luc Cotinat dit Morvandiau et Denis Mellier.
Ce projet de thèse s’intéresse aux formes de transmission des expériences traumatiques au sein des structures familiales, ainsi qu’à leur mise en récit et en images par une génération qui n’en a pas fait l’expérience directe. Il examine plus particulièrement la manière dont des auteurs de bande dessinée contemporaine s’approprient une mémoire héritée, issue de vécus familiaux marqués par des événements collectifs, pour en proposer une élaboration narrative et visuelle.
Ces œuvres reposent sur un travail de collecte et d’interprétation de traces : témoignages oraux, archives privées, photographies, documents administratifs ou objets chargés d’une valeur symbolique. À travers ces matériaux, les auteurs reconstruisent des fragments d’histoires familiales lacunaires, souvent traversées par le silence, l’oubli ou la fragmentation. Cette démarche implique un double mouvement : d’une part, une tentative de restitution de ces expériences passées ; d’autre part, une inscription de ces récits dans une subjectivité contemporaine qui en propose une relecture.
La recherche interroge ainsi les modalités spécifiques par lesquelles la bande dessinée, en tant que médium associant texte et image, permet de figurer et de rendre perceptible ce qui relève d’un vécu indirect, transmis plutôt qu’éprouvé. L’articulation entre dessin, photographie et dispositifs narratifs hybrides ouvre des possibilités singulières pour représenter l’absence, la discontinuité ou encore les effets persistants du traumatisme au sein de la mémoire familiale.
L’enjeu de cette étude est de comprendre comment ces productions participent à la mise en forme d’une mémoire à la fois intime et collective, en transformant des récits familiaux en objets artistiques partageables. Il s’agira ainsi de montrer en quoi la bande dessinée constitue un espace privilégié pour explorer les dynamiques de transmission, tout en renouvelant les formes de représentation du traumatisme et de ses héritages.
La soutenance sera aussi accessible en visoconférence au lien suivant:
